Le sarouel pour femme : est-ce permis ? Comment le porter avec pudeur ?

sarouel femme

Le sarouel a longtemps été perçu comme un vêtement d’homme. Pourtant, dans les foyers maghrébins, ottomans, sahéliens ou pakistanais, les femmes en portaient bien avant que la question ne se pose. Aujourd’hui, il revient en force dans la garde-robe des musulmanes. Est-ce vraiment permis pour une femme de le porter ? Et si oui, comment le faire sans tomber dans ce que notre Dîn interdit ?

Ce n’est pas une question anodine. Entre celles qui le portent depuis toujours sans y avoir réfléchi, celles qui hésitent par scrupule religieux, et celles qui l’ont adopté récemment sous l’influence des boutiques islamiques en ligne, il y a souvent un flou qu’il est utile de dissiper, avec sérieux, et en s’appuyant sur ce que les savants ont réellement dit.

Un vêtement qui nous appartient depuis longtemps

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut remettre le sarouel à sa juste place dans notre histoire. Le sirwal (son nom en arabe) est ce pantalon large et ample, généreux au niveau des hanches, qui se resserre vers les chevilles. On le retrouve dans les cultures maghrébines, ottomanes, sahéliennes, pakistanaises, turques… Dans toutes ces terres, il a toujours été porté aussi bien par les hommes que par les femmes.

Ce point est fondamental. Le sarouel n’est pas un emprunt à la garde-robe masculine. C’est un vêtement partagé, ancré dans nos civilisations musulmanes depuis des siècles. Les grands-mères maghrébines le portaient sous leur haïk, les femmes ottomanes sous leurs robes larges, les femmes du Sahel au quotidien. Il n’a rien d’étranger à notre identité.

Par ailleurs, le sirwal fait partie de la sunnah du Prophète ﷺ, qui l’appréciait pour sa modestie et son confort. Plusieurs hadiths en attestent. Ce n’est donc pas anodin de s’y intéresser.

Est-ce permis pour la femme musulmane ?

Oui, à condition de bien comprendre les nuances.

La question qui bloque souvent les sœurs, c’est celle du hadith authentique rapporté par Bukhari et Muslim, dans lequel le Prophète ﷺ maudit la femme qui imite l’homme dans sa façon de s’habiller. Ce hadith est réel et il s’applique. Mais les savants sont clairs sur ce qu’il implique : ce qui est interdit, c’est de porter un vêtement spécifiquement et exclusivement masculin dans une culture donnée, dans le but d’y ressembler.

Or le sarouel ne rentre pas dans cette catégorie. Il n’a jamais été réservé aux hommes (modèle de Sarouel homme). Aucune civilisation musulmane ne l’a considéré comme tel. On n’est donc pas dans le cas d’une imitation prohibée, on est dans le cas d’un vêtement traditionnellement partagé, ce qui est une distinction importante.

Ce sur quoi tout le monde s’accorde en revanche, c’est que les critères généraux du vêtement islamique s’appliquent sans exception. Le sarouel doit être ample, opaque, non moulant, et il ne constitue pas à lui seul une tenue de sortie complète. C’est une pièce qui s’intègre dans un ensemble.

Comment le porter de façon conforme ?

C’est là que tout se joue. Porter le sarouel ne dispense pas de réfléchir à la tenue dans son ensemble. Voici comment l’intégrer intelligemment.

Avec une tunique longue

C’est la combinaison la plus simple et la plus répandue. La tunique (appelée qamis ou kameez selon les régions) doit descendre au moins jusqu’aux genoux, idéalement plus bas. Elle couvre les hanches et la ligne du corps, ce qui permet au sarouel de remplir pleinement son rôle en bas. Cette tenue fonctionne aussi bien à la maison que pour les sorties, selon la longueur et l’opacité des pièces choisies.

Sous une abaya ou un jilbab

Beaucoup de sœurs portent le sarouel comme sous-vêtement de jambes sous leur abaya. C’est une excellente pratique : confortable, chaud en hiver, discret, et particulièrement pratique pour les déplacements. Le sarouel ne bouge pas, ne se retrousse pas, et permet de marcher librement sans se préoccuper de rien.

Pour la prière

C’est peut-être l’usage le plus sous-estimé du sarouel. Ample par nature, il permet des prosternations parfaitement à l’aise, sans que le tissu tire, colle ou remonte. Fini les pantacourts trop serrés ou les leggings qui ne couvrent pas assez. Le sarouel, associé à un grand voile de prière, est l’une des tenues les plus adaptées à la salat. Voir notre article sur les femmes pieuses.

Attention aux modèles qui trompent

Tout ce qui s’appelle « sarouel » n’est pas forcément islamiquement approprié. Le terme est devenu une étiquette marketing et on trouve aujourd’hui des modèles taillés de façon ajustée aux hanches, en tissu fin voire semi-transparent, qui n’ont de sarouel que le nom.

Quelques repères concrets avant d’acheter : tenir le tissu face à la lumière, s’il laisse passer la lumière, il est trop fin. S’asseoir avec le vêtement pour vérifier qu’il ne devient pas moulant en position assise. Vérifier que l’entrejambe reste généreux et ne tire pas. Un vrai sarouel doit rester ample dans tous les mouvements, pas seulement debout et immobile.

Les meilleurs tissus : coton, lin, toile, crêpe épais, viscose de qualité. Ce sont des matières qui tombent bien, respirent bien, et gardent leur volume.

Ce que ce vêtement dit de nous

Dans un contexte où la mode pousse vers toujours plus d’ajustement, de transparence et d’exposition, le sarouel représente quelque chose d’important. Il rappelle que la pudeur n’est pas une contrainte que l’on subit, mais un choix que l’on pose avec conscience.

Nos aïeules portaient des vêtements qui leur permettaient de prier, de travailler, de se déplacer, sans jamais avoir à se demander si elles étaient correctement couvertes. Le sarouel appartient à cette logique-là. C’est un vêtement qui libère au lieu de contraindre, et c’est souvent ce que les sœurs qui le portent disent en premier.

Qu’Allah ﷻ nous accorde la facilité dans notre pratique de la pudeur et nous guide vers ce qui Lui est agréable, dans nos tenues comme dans nos intentions.

Wa Allahu A’lam.

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