La réincarnation des taies d’oreiller et autres histoires de chiffons

27 septembre 2009 Agnès Salle de bains

Désolée pour le manque de variété des sujets en ce moment, mais couvage oblige, mes interrogations existentielles se portent plutôt sur comment s’occuper d’un bébé le plus simplement et naturellement possible. Et la question du jour c’est: comment s’organiser pour le change?

Tout d’abord pour nettoyer les fesses: en tant que pharmacienne je connais, c’est le liniment oléocalcaire le produit le plus adapté. En effet, l’eau de chaux, en plus d’être antiseptique, a un pH basique, qui neutralise l’acidité des urines et des selles, et la texture grasse de l’huile d’olive nourrit et protège la peau, prévenant ainsi l’apparition d’un érythème fessier. Et si les rougeurs sont déjà installées, l’application d’une pommade isolante (à base de talc, d’oxyde de zinc, ou d’un corps gras) type Aloplastine® (en pharmacie -la moins chère mais contenant malheureusement du Sodium Laurylsulfate, tensioactif irritant) ou la crème de change Natessance® en couche épaisse protège la peau irritée.
Et pour éviter le gaspillage de cotons ou autres lingettes (et d’argent), l’utilisation de lingettes lavables est une option tout aussi pratique: il suffit, une fois sales, de les entreposer dans le seau à couches (voir plus loin) ou une petite poubelle contenant un filet qui passe à la machine, et de les laver avec le reste du linge. On trouve des lingettes dans le commerce, mais il est encore plus économique de les fabriquer soi-même: j’ai découpé 2 vieilles taies d’oreiller que je n’utilise plus en rectangles de la taille de la boîte destinée à les recevoir, et cousu 2 par 2 ces rectangles (sur 3 côtés, puis on retourne le tissu par le côté ouvert, et on coud le dernier côté en rentrant le bord à l’intérieur -merci Maman pour ces conseils!)… Oui, parce que l’expérience de mes carrés à démaquiller la figure m’a appris qu’un simple ourlet ne tient pas longtemps (ils sont tout effilochés), mieux vaut doubler le tissu!

lingettes

Ensuite et surtout, les couches: accessoires pas forcément indispensables, mais même si la vie sans couches («hygiène naturelle infantile») est encore la solution la plus écologique, elle est difficile à mettre en oeuvre 24h/24… Je préfère l’alternative 3 en 1 suivante: utiliser des couches lavables tout en étant à l’écoute des signes annonciateurs d’un pipi ou d’un caca, auquel cas direction le pot ou les toilettes, et c’est 1 couche d’économisée (option ne fonctionnant qu’en mode jour), tout en ayant en stock un paquet de couches jetables écologiques en cas de déplacement.
Pour les sceptiques, voici 3 bonnes raisons de choisir de préférence des couches lavables:

  1. Pour épargner l’environnement de la tonne de déchets non recyclables générés par l’usage de couches jetables de la naissance à la propreté;
  2. Pour éviter à la peau de nos bambins d’être en contact avec les différents produits chimiques ajoutés dans les couches jetables, tels que polyacrylate de sodium (risque allergisant controversé), dérivés de l’étain (irritant pour la peau et leurre hormonal aux effets masculinisants), ou encore dioxine (toxicité cutanée, immunitaire, nerveuse, et endocrinienne), … sans parler de la macération dûe à l’enveloppe plastique;
  3. Pour soulager le porte-monnaie! En effet, le budget nécéssaire pour changer un enfant avec des couches jetables est de 1000-1500€ en moyenne, alors qu’avec des couches lavables, c’est seulement dans les 600-800€, et elles peuvent resservir pour un futur petit frère ou une future petite soeur. Même si on prend en compte le coût des lessives, l’économie est importante. Certes, l’investissement de départ n’est pas à la portée de toutes les bourses, mais on peut:
    – les acheter progressivement pour se constituer un stock petit à petit,
    – en trouver des d’occasion (dans un dépôt-vente de matériel de puériculture, sur Ebay ou autre PriceMinister),
    – opter pour la location (certaines entreprises locales proposent même de se charger du lavage, sinon sur Allocouches par exemple),
    – ou encore les coudre soi-même (patrons sur le site L’Arbre à bébés).

C’est bien gentil tout ça mais une fois déballées celles que ma cousine m’a données je me suis dit que ça serait mieux livré avec mode d’emploi… J’ai donc fait un petit tour sur le site des couches lavables et Bébé au Naturel pour savoir comment les utiliser correctement.
J’ai appris qu’il y a différents modèles: « tout en un » qui correspond à une couche classique version tissu, « tout en un à poche » dans lesquelles on peut glisser un ou plusieurs inserts pour moduler l’absorption, « tout en deux » qui est en fait une Tout En Un démontable pour le séchage, association couche (non étanche) + culotte de protection (imperméable).
Ensuite il faut différencier les couches à taille unique, qui s’adaptent sur tout nourrisson de 3 à 15 kg, et les multitailles, à savoir S, M, ou L, en fonction du poids de l’enfant.
Et c’est pas fini: il y a également le choix des matières: laine ou polyuréthanne pour l’extérieur, polaire ou pas à l’intérieur, coton, bambou, ou chanvre entre les deux pour l’absorption. Puis en question subsidiaire arrive le système d’attache: velcros ou pressions?
Conclusion j’ai une meilleure idée de comment me servir de mon stock de départ, mais avec 8 couches je vais pas aller loin. Il m’en faudrait une dizaine supplémentaire, que d’après mes connaissances toutes neuves je choisirai Toutes En Unes (les plus pratiques), multitailles (moins de risques de fuites et moins volumineuses), polyuréthanne (pas d’entretien spécifique)-coton bio (ou autre matière naturelle)-polaire (garde les fesses au sec). Par contre, n’ayant pas tranché sur le rapport bénéfices/risques des velcros (taille parfaitement ajustée mais risque d’irritation dans le dos -les scratchs s’y replient pour le lavage) et boutons pressions (moins ajustables), je vais faire moitié/moitié. Ce qui m’a conduit à acheter des Tout En Un de la marque Imse Vimse® et des Tout En Un Lutibalade de la marque Bébés Lutins®.
Et pour un entretien plus facile, des feuilles de protection, à placer dans le fond de la couche, permettent de récupérer les selles. Elles se jettent dans les toilettes et sont 100% biodégradables. Si elles sont simplement mouillées d’urine, on peut les laver 2 ou 3 fois. En attendant le lavage, justement, les couches sales se stockent dans un seau à couvercle en y disposant un filet à linge.

Enfin ça c'est la théorie, rendez-vous dans 2 mois pour la pratique...

Enfin ça c’est la théorie, rendez-vous dans 2 mois pour la pratique…

Et quand on n’est pas chez soi, il semble délicat de squatter la machine à laver d’autrui pour nettoyer les popos du p’tit. Avoir quelques couches jetables d’avance peut donc se révéler utile. Mais bien sûr, pas n’importe lesquelles: des écologiques svp!
En quoi sont-elles plus respectueuses de l’environnement et de la santé de nos petits? Elles sont fabriquées avec un maximum de matières premières renouvelables, non blanchies au chlore, l’enveloppe extérieure est respirante, et elles sont testées dermatologiquement. Les marques les plus connues sont Moltex® et Wiona®, en vente dans les magasins bio.

couturedéchetslavable

4 Responses to “La réincarnation des taies d’oreiller et autres histoires de chiffons”

  • A-So dit :

    ha, la prise de tête pour que bébé soit écolo!
    Finalement en Suisse se fut assez simple et moins prise de tête que prévu puisque selon le corps médicale local, on ne met rien sur la beau de bébé. Donc dés la maternité, les fesses ne sont nettoyées que à l’eau et rien d’autre (en faisant attention de bien les séchées après) et pour le bain pareil. Cependant, j’ajoute de l’huile dans le bain parce que Joséphine à la peau un peu sèche et si à tout hasard, il arrive que les fesses deviennent rouges, je mets de la crème protectrice (weleda) que la nuit et suis attentive à ce qu’elle ai les fesses au sec la journée.
    Fini le temps où les bébés sentaient le lait de toilette à 500 m.
    Par contre, j’ai un mauvais point sur la question des couches jetables (faute à une machine à laver commune). Mais dés qu’elle fait plus de 5kg je passe aux couches jetables écolo, qui se trouvent en supermarché et qui ne sont même pas plus chères : http://www.leshop.ch/leshop/Main.do?

  • A-So dit :

    ha, la prise de tête pour que bébé soit écolo!
    Finalement en Suisse se fut assez simple et moins prise de tête que prévu puisque selon le corps médicale local, on ne met rien sur la beau de bébé. Donc dés la maternité, les fesses ne sont nettoyées que à l’eau et rien d’autre (en faisant attention de bien les sécher après) et pour le bain pareil. Cependant, j’ajoute de l’huile dans le bain parce que Joséphine à la peau un peu sèche et si à tout hasard, il arrive que les fesses deviennent rouges, je mets de la crème protectrice (weleda) que la nuit et suis attentive à ce qu’elle ai les fesses au sec la journée.
    Fini le temps où les bébés sentaient le lait de toilette à 500 m.
    Par contre, j’ai un mauvais point sur la question des couches jetables (faute à une machine à laver commune). Mais dés qu’elle fait plus de 5kg je passe aux couches jetables écolo, qui se trouvent en supermarché et qui ne sont même pas plus chères : http://www.leshop.ch/leshop/Main.do?

  • A-So dit :

    flute… le premier commentaire a été aussi enregistré! Dans le second, il y a une faute en moins 😉

  • Agnès dit :

    C’est vrai, même en France, les couches jetables écologiques ne sont pas plus chères que les classiques (enfin ça dépend des marques, mais si on se base sur la plus connue).
    Par contre pour nettoyer les ti-culs, d’accord que l’eau est encore la solution la plus simple mais il faut rajouter du savon s’il y a eu caca. Et puis mieux vaut prévenir que guérir et j’ai l’impression que les fesses rouges sont monnaie courante chez les petits, c’est pourquoi je préfère le liniment.
    Quant à la crème protectrice pour le change, je n’ai pas cité Weleda parce qu’elle contient des huiles essentielles et que sur un popotin irrité ça ne me semble pas très pertinent. Après les réactions des uns et des autres peuvent varier mais j’en connais qui ont pas supporté.


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